Bonjour …

Ce Musée est situé dans le Sud du département de l’Aveyron à quelques kilomètres de

l’Abbaye de Sylvanes, au « Prieuré des Granges » où se trouve aussi l’Eglise russe

Crée à l’initiative du Père André Gouzes, c’est une merveille !

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Saint Clar des statues : le sculpteur ZAMOYSKI

A Saint Clar de Rivière dans la Haute-Garonne, vivait le plus grand sculpteur polonais de l’époque pré-cubiste, Auguste ZAMOYSKI. Il avait choisi, après une vie tumultueuse, le calme d’un petit village français. Sa femme, française elle aussi, vit dans le culte de ce grand artiste, entourée de ses statues, certaines inachevées. Elle évoque sa personnalité et son oeuvre. Elle aimerait qu’après sa propre mort, leur maison devienne un musée. Le sculpteur est inhumé dans le jardin de la propriété et sur sa tombe, on peut voir sa dernière oeuvre « Résurrection « . Des photos complètent ce portrait et un document d’archives en noir et blanc redonne la parole au sculpteur interviewé qui parle de son art et que l’on voit au travail dans son atelier.

 

 

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Un grand ouvrage à venir sur l’oeuvre d’Auguste ZAMOYSKI

Un grand ouvrage à venir sur l’oeuvre d’Auguste ZAMOYSKI
et proposition de modifications de l’association des
Amis d’ Auguste ZAMOYSKI 
 extrait de la lettre d’André GOUZES du 24 Mars 2010  
aux adhérents de l’association des Amis d’ Auguste ZAMOYSKI
 
 
 

Le projet d’un grand ouvrage sur l ‘oeuvre et l’homme Auguste Zamoyski est en cours aux éditions du Cerf.

II sera une anthologie des grands articles et documents qui ont déjà été édités dans le passé et hélas introuvables…

 

Pour ma part, je suis chargé de l’introduire en racontant la rencontre d’Hélène et de l’oeuvre, et de présenter la démarche du Musée, de sa création et de son installation.

 

La Directrice du Musée Rodin à Paris, trèsintéressée par l ‘oeuvre, nous a proposé sa participation cet ouvrage… et nous espérons réfléchir avec elle à une grande exposition à Paris dans son prestigieux musée!

 

André GOUZES

 

 

 

extrait de la lettre de Jacques ARLET

 

aux adhérents de l’association des Amis d’ Auguste ZAMOYSKI
 

 

 

Certains d’entre vous ont inauguré, au mois de Juillet dernier, avec nous, le beau Musée où sont désormais présentées dans les meilleures conditions les oeuvres d’ Auguste ZAMOYSKI au Prieuré des Granges.

 

Cette journée inaugurale suivie par plus de 80 personnes entourant Hélène ZAMOYSKA,

a été très émouvante et très chaleureuse.

 

Notre association a ainsi rempli le but qu’ Hélène nous avait fixé: mais plutôt que de la dissoudre, il nous a semblé plus intéressant, comme nous le conseille notre notaire maître Georges CHARRAS, de la transformer, car nous avons encore besoin de bonne volontés pour aider à l’entretien et à la sauvegarde de ce musée.

 

Nous changerions ainsi, avec votre accord, l’intitulé de l’association qui deviendrait

 » Association des Amis du Musée Auguste ZAMOYSKI  » et nous élirions un nouveau bureau, en y introduisant ceux d’entre vous décidés à s’impliquer dans cette nouvelle tâche…

 

Jacques ARLET

 

 

 

 

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Un petit musée précieux et exemplaire

Auguste Zamoyski (1893-1970)

Auguste ZAMOYSKI devant le Cardinal SAPIEHA (Prière) à Saint Clar de Rivière

Il est un des plus grands sculpteurs du XX siècle.

A 25 ans, il s’était installé à Zakopane, station de ski déjà célèbre où se retrouvaient les artistes et les intellectuels polonais les plus talentueux du début du XX° siècle.

Son génie créateur le poussa alors vers l’abstraction et le cubisme qui étaient dans l’air du temps, mais il les marqua de son empreinte en créant un style,leFormisme. Il modela dans ce style d’authentiques chefs d’oeuvre.
Puis il revint a une sculpture plus classique et à la taille directe dans le marbre et le granit, tout en restant très attaché à saisir l’éternité cachée sous des formespérissables, comme il l’écrivait dans son livre Après le Formisme. 


Après avoir vécu à Paris, puis au Brésil à partir de 1940, il rentra en France en 1958, épousa Hélène Peltier, qui venait de créer la première chaire de Russe à la Faculté des Lettres de Toulouse et s’installa, avec elle, dans une ferme, à Saint Clar de Rivière, pour y terminer son œuvre d’Artisan philosophecomme il se plaisait à dire, créant des nus admirables, des bronzes puissants et émouvants.


Comme il voulait que les œuvres de son atelier restent en France et réunies en un seul lieu, nous les avons confiées à l’Association des 
Amis de l’Abbaye deSylvanès. 
Son président, André Gouzes, ami de toujours d’Hélène Zamoyski, a bien voulu accepter cette charge et a créé aux Granges de Sylvanès un petit musée précieux et exemplaire qui a été inauguré l’été dernier,17 juillet 2009.

Ce petit texte de présentation du Musée Auguste ZAMOYSKI a été trouvé ici sur le site des Amis de la Pologne

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Conférence sur Auguste ZAMOYSKI du jeudi 28 mai 2009 par Jacques ARLET 3 / 3

 Conférence sur Auguste ZAMOYSKI
jeudi 28 mai 2009 par Jacques ARLET
 
3 / 3

3. Après le formisme. Au delà du Formisme

 

 

En 1924, il s’installe à Paris où il a loué un atelier rue de Rennes,

il expose à l’Association France-Pologne, à la galerie Weill et enfin, en

décembre au Salon d’Automne, au Grand Palais. En 1925. exposition au Salon

des Indépendants . En 1926. nouvelle exposition à Paris au Salon d’automne.

Il rencontre Bourdelle et Marcoussis, Kisling et Diaghilev

C’est à partir de 1925-26, à Paris, qu’il abandonne le formisme pur et dur.

Il abandonne le formisme, il rejette cette alliance avec la géométrie, car ce n’est

pas un acte créateur, écrit-il. Il abandonne la stylisation qui minimise le sens. Il

abandonne le formisme car il me mène dans le mur.

 

Péché de jeunesse comme il le reconnaîtra lui-même -J’étais malade de

jeunesse, écrit-il- mais péché qu’on peut lui pardonner, car certaines de ses

œuvres formistes sont d’authentiques chefs d’œuvre .

 

 

Maria Walterskirchen 1923

 

Et il commence à faire des têtes « normales » et des nus en taille directe.

le portrait de l’actrice Maria Brydsinska en 1926 ; c’est un

bronze d’une grande simplicité et pourtant emplie d’une lumière intérieure.

 

Maria Brydsinska 1926


le portrait d’Ada Eubienska, daté de 1926, très art déco.

la tête de Wierka, une jeune paysanne de Jablon qui est au

musée de Varsovie (1936). C’est un très beau portrait plein de force.

 

Wierka 1936

 

Quant aux nus, Natacha (1934), jeune modèle russe ;

 

Natacha 1934

 

son vrai titre c’est Le regard dans le monde, taillée dans un granit noir.

Dina Vierny sera son modèle à la fin de cette période parisienne 1939).

 

Dès 1927, il expose ces œuvres au Salon des Tuileries. En 1928, il devient

président de la Commission artistique de la Société polonaise d’échanges

littéraires et artistiques entre la Pologne et la France et organise la section

polonaise au Salon d’Automne. En 1929, 1930 et 1931 il fait de nombreuses expositions à Paris, à Bruxelles et une à Poznan.

En 1935, à la mort de son père, il hérite de Jablon où il installe un atelier et

utilise comme modèle des paysannes des environs

 

En 1935, il exposa à l’Exposition Internationale d’Art Moderne à Bruxelles un

Nu, Natacha ou le regard dans le monde. Il y exposait aussi la tête de Serge

Lifar, dans le même granit. Ces deux oeuvres n’ont plus rien à voir avec le

formisme même si elles ont une touche nettement « moderne », art déco si vous

voulez, mais avec le génie en plus,

 

En 1936, il expose 13 œuvres à la Biennale de Venise.

En 1939, le 3 septembre ; depuis Paris il rejoint la Pologne agressée par les

années allemandes. Sa préoccupation majeure était, semble-t-il de protéger les

oeuvres qu’il avait laissées à Jablon. Il en plonge une partie dans un étang et

regagne Paris par Budapest le 13 septembre.

 

Le 18 mai 1940, il quitte la France, laissant ses statues entre les mains de M.

Barrai, son assistant. Il n’a emporté que les dessins et les photographies de ses

statues plus la tête de Wierka, en granit noir et un petit nu en plâtre dans lequel

il cache des bijoux et des dollars.

 

Après un court séjour au Portugal il s’embarque pour le Brésil, où le président

Vargas le nomme professeur à l’école des Beaux Arts de Rio-de- Janeiro. Il

dirigera même l’école pendant six ans. Et en janvier 1942, il épouse

(c’est la troisième fois !) Izabella Paes Leme, peintre brésilien.

C’est à Rio qu’il taille dans le marbre de petites statues de nues à moitié

extraites de leur utérus de marbre ! Plongées dans le marbre dira-t-il.

 

                    

 

En 1944, on inaugure la statue de Chopin, à Rio, qui est offert par la diaspora

polonaise au Brésil .

 

En 1946, il fait venir à New York les sculptures qu’il avait laissées à Paris et

en 1948, il séjourne à New York essayant d’y faire une exposition de ses œuvres

et de créer une école de taille directe.

 

En 1951, il s’installe à Sao Polo et créé une école libre de sculpture.

En 1955, il expose 15 œuvres au musée d’Art moderne de Sao Polo

1957. essaye d’implanter une chaire de sculpture à Varsovie, à la faculté

d’architecture de l’école polytechnique. En vain.

1958. Retour à Paris où il s’installe provisoirement -il y plante sa tente- chez

les Dominicains de la rue de la Glacière. Rencontre avec Hélène,

1959. il épouse Hélène Peltier et s’installe à Saint-Clar de Rivière.

Puis, il s’attaque à son œuvre ultime et monumental, l’Ascension. Il est allé,

pour cette œuvre, chercher, avec Hélène, un bloc de marbre de trois tonnes au

Portugal.

 

Il meurt à Saint Clar en 1970, le marteau et le ciseau à la main.

Dans ses dernières œuvres, peut-être les plus belles,

Jean-Baptiste (1953)

et le Cardinal Sapieha (1969),

il y a ce qu’il a cherché toute sa vie, ce qu’il y a derrière les choses et les gens, ce qui est caché. Je m’efforçais donc enfermant les yeux de découvrir dans les ténèbres (…) des formes correspondantes aux nostalgies qui remuaient dans la forêt de ma vie intérieure.

 

Et c’est ainsi qu’il a transformé, transfiguré, la statue du cardinal

Sapieha qui est devenue celle de la Prière. Et celle de Jean-Baptiste, qui est la

statue de l’Annonce, l’Annonce des temps nouveaux ! Il rejoint la métaphysique

qu’il n’a jamais abandonnée. C’est ainsi qu’il a réussi sa conversion au delà du formîsme, mais toujours inspiré par le spirituel et qu’il pouvait écrire, à bon droit, à la fin de sa vie:

L’Art, ce produit de la contemplation en Dieu, est pour moi aujourd’hui

uniquement le fil mystique qui me conduit vers Dieu.

 


Je crois que cette spiritualité, qui a accompagné l’artiste toute sa vie, fait

l’originalité et la force de sa sculpture. Il n’a jamais cessé de travailler, malgré le cancer qui le minait, il est mort le ciseau et le marteau à la main, taillant en taille directe un bloc de marbre de trois tonnes. Mais je veux, en terminant, laisser la parole à sa femme, qui a fait une si belle préface de son livre.

 

Lorsqu ‘il termina La Prière (La statue du cardinal Sapieha), nous sortîmes de

l’atelier devant notre maison avec nos chiens, Picou et Bourka qui folâtraient

dans l’herbe. La nuit tombait et les premières étoiles brillaient dans le ciel qui

fonçait. « Tu vois me dit-il, c ‘est merveilleux. Nous sommes sur un grand navire

qui vogue à toute vitesse au milieu des étoiles et des planètes vers la plénitude

de Dieu. Mon Sapieha comprend Tout cela, il est comme Pascal : Joie, pleurs de

joie ‘. Dieu m ‘a donné la force d’achever cette statue, comme je suis heureux ‘.,

Maintenant je peux m ‘en aller.


 

Jacques Arlet

 

 

 

Cliquez vers :

Le Site internet des Amis de la Pologne

 

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Conférence sur Auguste ZAMOYSKI du jeudi 28 mai 2009 par Jacques ARLET 2/3

Conférence sur Auguste ZAMOYSKI
jeudi 28 mai 2009 par Jacques ARLET
 
2/3

Partie 1 / 3 ou 3 / 3

 

 

2. ZAKOPANE, LES AMIS, LE FORMISME

 

Rita,je l’ai dit, va l’emmener à Zakopane en 1918. Ils y achètent une maison.

En décembre 1919, Rita dansera à Poznan les Funérailles de Lizt,

Auguste assurera que c’était une danse formiste !

 

A Zakopane, il se fait des amis. Et d’abord Ignace Witkiewicz « J’ai eu deux amis dans ma vie, mais ils sont morts tous les deux : le premier était Stas mon cousin germain qui s ‘est tué à

cheval à 22 ans. Le second était un homme extraordinaire, Witkiewicz. Nous ne

pouvions nous passer l’un de l’autre à Zakopane et nous nous sommes jurés que

le premier de nous qui mourrait continuerait à manifester à l’autre sa présence

et son amitié ».

 

Ce Witkiewicz était le fils d’un peintre de talent qui fréquentait déjà

Zakopane ; lui-même s’est beaucoup adonné à la peinture, une peinture moderne

apparenté au style fauve et à l’expressionnisme allemand. Puis il l’a

abandonnée pour se consacrer à la littérature et surtout au théâtre. Il avait des

talents multiples, une grande sensibilité ; il ne supporta pas l’arrivée des

Allemands et des Russes dans son pays en 1939 et se suicida.

 

A Zakopane, autour de Witkiewicz et de Zamoyski, il y avait, parmi

d’autres, les frères Pronaszko, Léon Chwistek (Philosophe et peintre),

Czyzewski, Emile Breiter. Ce sont ces sept-là qui ont constitué, le groupe

informel des Formistes. Nous étions sept : 5 peintres, deux poètes et un

sculpteur. Ce qui nous unissait ? L’amitié et le besoin de contester les formes

de l’art qui nous avaient précédés…

 

Ce qu’ils sont devenus ? Aujourd’hui, ils sont tous morts sauf moi. Et tous ils

ont abandonné l’héroïque quadrature du cercle du formisme (…) pour

s’exprimer par d’autres voies. Ils sont tous devenus célèbres: Chvistek

abandonna la peinture pour devenir un fameux logicien (…) Pronaszko est

devenu un illustre professeur des Beaux-Arts (…) Wltkacy. considérant que la

peinture était un art épuisé, s ‘adonna au théâtre, aux romans, à la philosophie

(…) Breiter est devenu avocat : Czyzewski un grand peintre …

 

Le Formisme « Je voudrais dire comment j’ai vécu le formisme et pourquoi je l’ai

abandonné. » Lors de son dernier séjour en Pologne, en 1964, il avait été interviewé par des

doctorants qui faisaient un travail sur le Formisme. Il avait alors constaté qu’il y

avait de nombreux « malentendus » de «fausses interprétations et des

confusions » sur cette « importante étape de nos recherches artistiques en

Pologne ». Comme il avait été « l’initiateur du Formisme, l’organisateur de toutes nos

exposition communes (…), le porte parole de nos idées dans les préfaces de nos

catalogues et dans mes conférences » il se devait de corriger ces erreurs et de

l’écrire, de faire le point.

 

« Artisan philosophe », comme il se voulait, Zamoyski s’était consacré à la

sculpture mais c’était sa sculpture à lui ; il voulait s’exprimer dans un langage

nouveau, vraiment créé ex nihilo, dans de nouvelles formes , il refusait de se

servir du langage de ses prédécesseurs essoufflés, et ce nouveau langage, il

l’appela le Formisme.

 

Avant d’aller plus loin, il faut rappeler qu’Auguste n’était pas le seul jeune

artiste de sa génération à vouloir créer du nouveau. Étudiant, il avait été

confronté avec la grande révolution artistique de la Belle époque où se mêlaient

dans une ambiance de créativité inouïe, le baroque décoratif des nancéens, les

constructions de verre et de béton des architectes écossais, belges et viennois, et

toutes les inventions de la peinture, le Fauvisme et le Cubisme en France,

l’Expressionnisme en Allemagne, le Futurisme en Italie, le Suprématisme en

Russie, ce suprématisme qui aboutit au fond abyssal et absurde de l’abstraction

totale, exprimée par le carré blanc sur fond blanc de Malevich!

 

En Allemagne, avant la guerre, alors qu’il était à Heidelberg, et pendant la

guerre à Munich, Auguste avait rencontré les membres du Blaue Reiter, en

particulier Wassily Kandinski, qui créa une abstraction constructive, et Paul

Klee. Il est évident qu’August était dans le mouvement, dans la mouvante des jeunes

artistes européens de l’époque, inspiré même inconsciemment par toute cette

révolution culturelle et, dans sa sculpture, bien que déjà originale, travaillé par

ce modernisme. Ses premières œuvres connues étaient plus baroques art nouveau que

cubistes art déco, par exemple le portrait de Rita, fait en 1917 à

Berlin.

 

 

Mais, à Zakopane, la rencontre avec Witkiewicz a été décisive pour théoriser

le Formisme .’…nous nous mîmes à philosopher des journées et des nuits

entières construisant le formisme…En quelques semaines tout notre groupe de

sept formistes était constitué ».

 

A ce moment de sa réflexion sur son art, Zamoyski en faisait une approche

d’abord philosophique : Notre problème ne consistait pas seulement à établir

des formes (Mots, symboles, lignes et volumes) mais à savoir ce que nous

voulions exprimer grâce à elles (…) C’était le fruit de notre vision du monde (…)

Pour ma part depuis mon enfance je l’ai construite dans la poursuite de la

vérité (…) plus tard cette vision du monde s’est liée pour un temps à celle de

Witkacy ( Wïtkiewicz).

 

Dans son art, la sculpture, il cherchait à découvrir une réalité plus vraie que la

réalité apparente, la réalité cachée des gens et des choses, l ‘éternité cachée sous

des formes périssable . Il voulait créer des formes inexistantes.

Je m’efforçais donc en fermant les yeux de découvrir dans les ténèbres (…)

des formes correspondantes aux nostalgies qui remuaient dans la forêt de ma

vie intérieure

 

 

Et c’est ainsi qu’après Kandinski et Malevich, Zamoyski créait sa propre

« abstraction ». Il utilise le mot, bien qu’il n’ait jamais fait vraiment de sculpture

abstraite. Pour lui, l’abstraction dans l’art signifie tout concept de qualité ou de

proportions, discuté et élucidé d’une manière détachée des choses avec

lesquelles elles sont liées dans la vie.

 

La première étape était un graduel éloignement de la nature visible, donc une

déformation, des proportions violées, qui choquaient le public comme un parti

pris de laideur. Les exégètes ont expliqué qu’elles étaient inspirées de la philosophie indoue. Ce qui frappe c’est la déformation des corps, l’éloignement des proportions réelles, la

fantaisie. La deuxième étape était la stylisation : ce n ‘était plus déformation mais

simplification du monde visible par généralisation des formes par des arrondis

graphiques, des ellipsoïdes enveloppantes ou des droites. Cela se rapprochait

de la géométrie, des formes géométriques, c’est à dire d’authentiques

abstractions car il n ‘y a dans la nature ni triangle parfait ni cercle idéal.

 

Et voici le résultat de cette recherche, qui entre les mains de cet artiste, finit

par réaliser des chefs d’oeuvre, grâce à la qualité du matériau, le grès ou le

marbre, grâce à la qualité du tailleur de pierre, terme dont il est fier, et grâce à

son talent magnifique de créateur de formes. C’est vrai qu’il cherche la vérité du personnage, dans ses portrais, en simplifiant les formes, un peu comme le fait un caricaturiste

Mais c’est encore plus vrai dans son étude de l’amour physique, de l’étreinte

qui aboutit à cet objet parfait en marbre noir !

Eux-Deux de 1927

 

 

Pendant cette période de grande activité formiste, à Zacopane, avec les amis

il multiplie les expositions de leurs œuvres : en voici quelques exemples :

En janvier 1919, exposition à Cracovie au Palais de l’art, avec Witkiewicz

(22 œuvres dont le portrait de Rita et son autoportrait très formiste).

En août de la même année exposition à Zakopane

En Mai 1919, première exposition des Formistes polonais à l’hôtel Polonia à

Varsovie et il y fait une conférence sur « Les nouvelles tendances de l’Art ».

En décembre, exposition à Poznan avec conférence.

En cette année 1919, on inaugure une «École libre des Beaux Arts à

Zakopane ». Il fait partie du comité directeur et y enseigne l’histoire de l’Art.

En janvier 1920, nouvelle exposition des Formistes (et du Bunt) à Poznan : 14

œuvres. En mai 1920, exposition des Formistes et du Bunt à Lvov au musée de

l’Industrie. Conférence à Lvov.

En 1921, IV° exposition des Formistes au palais de l’Art à Cracovie, avec dix

œuvres de Zamoyski. Exposition à New York avec les trois têtes du père

Kruczek et un tableau représentant le buste d’un ecclésiastique.

En 1922, il présente le sketch Cocaïne qui est joué et dansé par Rita Sacchetto

à Munich, Vienne, Zagreb, Budapest et Prague. C’est Auguste qui en a fait la

mise en scène.

En 1923, il expose au salon des Indépendants à Cracovie, où il présente la

Vénus de Zakopane.

Partie 3/3

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Conférence sur auguste Zamoyski et le Formisme 1/3

Conférence sur Auguste ZAMOYSKI

jeudi 28 mai 2009 par Jacques ARLET

1/3

Partie 2/ 3 ou  3 / 3

 

 

Auguste Zamoyski, Zakopane et Le Formisme

 

Introduction

On ne peut pas parler d’Auguste Zamoyski, sculpteur génial, sans parler du

Formisme, car c’est lui qui a inventé le mot et la manière, proche il est vrai du

Cubisme, j’y reviendrais.

 

Et on ne peut pas parler du Formisme sans parler de Zakopane. Car c’est là

que Zamoyski a formalisé le mot et la manière et que Zakopane est un village

extraordinaire des Tatras, au point que Kinga Joucaviel en a fait le thème de la

récente semaine polonaise de Toulouse.

 

Zakopane, c’est le Chamonix de la Pologne ; la montagne y est moins haute

et peut-être moins belle, mais Zakopane, en même temps qu’une station de

randonnée et de ski est depuis un siècle et demi une station climatique et un haut

lieu de la culture polonaise, un lieu où se sont retrouvés les plus grands artistes

de ce pays.

 

Ce village est situé cent kilomètres au sud de Cracovie, à 1000 mètres

d’altitude, aux pieds de belles montagnes qui culminent à 3000 mètres.

Son développement touristique et culturel, dès le XIX0 siècle, fut favorisé par

sa situation politique d’autonomie relative, dans une zone d’occupation

autrichienne, par la proximité d’une mine de fer et d’une fonderie, et par la

volonté de ses maires successifs et en particulier celle du docteur Chramiec qui

se passionna pour ce coin de montagne

 

A la veille de la guerre de 14-18, ce village et les montagnes alentour étaient

fréquentés par des poètes , des musiciens, des peintres et des philosophes.

Beaucoup y avaient installé une résidence d’été. Je ne citerai que quelques

noms, des hommes de lettres, Sienkievvicz, l’auteur de Quo Vadis, prix Nobel,

Witkiewicz, père et fils, Gombrowicz, des musiciens, Szymanowski, Karlowicz,

Paderewski, des scientifiques, Mme Curie, etc.

 

C’était un foyer de culture, un

laboratoire d’idées, un centre de réflexions politiques et de résistance.

Vous comprenez alors qu’Auguste Zamoyski, se devait de rejoindre lui aussi

ce lieu extraordinaire. Il paraît que c’est sa première femme une danseuse

italienne, Rita Sacchetto, qui l’y entraîna, en 1918 : il avait 25 ans, il y resta sept

ans, pendant lesquels il se lia d’amitié avec une pléiade d’artistes de grand

talent, en particulier Ignace Witkiewicz et où il inventa le Formisme.

Pourquoi me suis-je intéressé à ce sculpteur ? Parce que il a passé les onze

dernières années de sa vie (1959-1970) à Saint-Clar-de-Rivière, à 25 kilomètres

au sud de Toulouse, après avoir épousé Hélène Peltier, qui a créé la chaire de

Russe à la Faculté de Lettres de Toulouse en 1958. Cette femme exceptionnelle

est devenue une grande amie et m’a demandé de présider l’association des amis

d’Auguste Zamoyski.

 

Alors je vais vous en dire plus, sur lui et sa sculpture.

 

En trois temps :

 

Avant Zakopane et le formisme,

Pendant sa découverte du formisme,

Après ou mieux au delà du Formisme.

 

Au delà du Formisme est le titre du livre qu’il a écrit, dans la sérénité de son âge mûr, en 1967, et dans sa ferme atelier de Saint-Clar de Rivière, près de chez nous donc, et auprès

d’Hélène Peltier, qui de son côté venait de traduire le Docteur Jivago de Pasternak.

 

 

 

1. AVANT LE FORMISME.

 

 

Auguste Zamoyski est un des nombreux descendants de Jean Zamoyski

(1542-1605), éminent juriste, grand chancelier (premier ministre) du roi de

Pologne, Sigismund Augustus, le dernier des Jagellon, au XVT »‘1″ siècle.

Zamoyski par son père et par sa mère, Auguste est né en 1893 à Jablon,

belle propriété des Zamoyski dans le sud-est du Pays, près de

Lublin. « Je suis né à cheval en pleine forêt (…) Ma mère m ‘a mis au monde

pendant sa tournée matinale quotidienne (…) dans la maison du garde

forestier »

 

Dans cette famille, on était élevé à la dure, avec des activités physiques et

sportives quotidiennes et des valeurs chrétiennes fortes où l’argent n’était pas un

but mais un moyen d’aider les autres. « Nous étions éduqués non comme des

propriétaires mais comme des métayers de Dieu et nous devions être prêts (…)

à donner ce que nous avions à celui qui était dans la nécessité ».

 

Il ne l’oubliera jamais. Dans ses dernières années de bonheur, en France, il

vécut, ils vécurent, avec Hélène, dans la simplicité presque dans le dépouillement.

 


Dès son adolescence, il a des préoccupations philosophiques fortes et un désir

de création artistique : II est choqué par l « injustice qui règne dans le monde de la nature ainsi que dans celui de l’homme malgré des milliers d’années d’efforts pour l’améliorer

(…) C’est ainsi, écrit-il, que commencèrent mes inquiétudes philosophiques sur

le pourquoi des chose. Il cherchait la formule du bonheur universel ! Et il

commence à étudier la philosophie avec son voisin Guga, fils du philosophe Cieszkowski.

 

En même temps il apprend à travailler le fer avec le forgeron de la propriété,

qui fabriquait tous les instruments utiles pour l’agriculture, et à travailler le bois

avec le menuisier . Ses premières oeuvres de sculpteur seront en fer et en bois.

C’est ainsi qu’il devint très tôt un « artisan philosophe ». c’est ce qu’il veut

être et qu’il sera toute sa vie.

 

A partir de 1912, il quitte Jablon pour faire des études supérieures. Entre 1912

et 1914 il suit des cours de droit et d’économie à Fribourg et de philosophie à

Heidelberg. Ses études de philosophie, et spécialement les œuvres de Kant et de

Heidegger, l’ont marqué, il en a retenu l’essentiel ; et comme on pouvait le voir

dans sa ferme de Saint-Clar, il épinglait sur les murs de petits cartons sur

lesquels étaient inscrits des bouts de phrase, citations et aphorismes qu’il

voulait avoir sous les yeux et se réciter.

 

La guerre de 14 est déclarée : il est mobilisé dans les armées russes et fait

prisonnier par les Allemands. Il réchappe du Choléra. Il est libéré grâce à sa

tante, proche de l’archiduc Joseph d’Autriche. Et il réussit à travailler, dans des

ateliers de sculptures à Berlin, puis à Munich et enfin à Vienne. Ainsi débuta sa

passion de la sculpture.

 

Auguste Zamoyski était grand, distingué, racé, libre, d’une grande

droiture et en même temps un costaud avec des muscles de tailleur de pierre et

un athlète, excellent skieur et capable de faire Paris-Zakopane à vélo en 21

jours. Il a écrit : « Vraiment, à part une sculpture, il n ‘existe pas

pour moi de plus grand plaisir ni de meilleure façon de vivre pleinement que de

faire du sport » Il était d’une grande culture, aussi, et riche d’expériences par ses voyages et

ses rencontres. Il parlait cinq langues.

 

En 1917, il épousa Rita Sacchetto à Vienne, contre la volonté de

ses parents. C’était une danseuse d’origine italienne, très belle qu’il connaissait

depuis quelques années.

 

Du 7 ou 28 août 1926. raid en vélo Paris Zakopane en 21 jours. Ce qui lui permit de

gagner un peu d’argent pour « se refaire »

 

 

Suite 2 / 3

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