Conférence sur Auguste ZAMOYSKI du jeudi 28 mai 2009 par Jacques ARLET 3 / 3

 Conférence sur Auguste ZAMOYSKI
jeudi 28 mai 2009 par Jacques ARLET
 
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3. Après le formisme. Au delà du Formisme

 

 

En 1924, il s’installe à Paris où il a loué un atelier rue de Rennes,

il expose à l’Association France-Pologne, à la galerie Weill et enfin, en

décembre au Salon d’Automne, au Grand Palais. En 1925. exposition au Salon

des Indépendants . En 1926. nouvelle exposition à Paris au Salon d’automne.

Il rencontre Bourdelle et Marcoussis, Kisling et Diaghilev

C’est à partir de 1925-26, à Paris, qu’il abandonne le formisme pur et dur.

Il abandonne le formisme, il rejette cette alliance avec la géométrie, car ce n’est

pas un acte créateur, écrit-il. Il abandonne la stylisation qui minimise le sens. Il

abandonne le formisme car il me mène dans le mur.

 

Péché de jeunesse comme il le reconnaîtra lui-même -J’étais malade de

jeunesse, écrit-il- mais péché qu’on peut lui pardonner, car certaines de ses

œuvres formistes sont d’authentiques chefs d’œuvre .

 

 

Maria Walterskirchen 1923

 

Et il commence à faire des têtes « normales » et des nus en taille directe.

le portrait de l’actrice Maria Brydsinska en 1926 ; c’est un

bronze d’une grande simplicité et pourtant emplie d’une lumière intérieure.

 

Maria Brydsinska 1926


le portrait d’Ada Eubienska, daté de 1926, très art déco.

la tête de Wierka, une jeune paysanne de Jablon qui est au

musée de Varsovie (1936). C’est un très beau portrait plein de force.

 

Wierka 1936

 

Quant aux nus, Natacha (1934), jeune modèle russe ;

 

Natacha 1934

 

son vrai titre c’est Le regard dans le monde, taillée dans un granit noir.

Dina Vierny sera son modèle à la fin de cette période parisienne 1939).

 

Dès 1927, il expose ces œuvres au Salon des Tuileries. En 1928, il devient

président de la Commission artistique de la Société polonaise d’échanges

littéraires et artistiques entre la Pologne et la France et organise la section

polonaise au Salon d’Automne. En 1929, 1930 et 1931 il fait de nombreuses expositions à Paris, à Bruxelles et une à Poznan.

En 1935, à la mort de son père, il hérite de Jablon où il installe un atelier et

utilise comme modèle des paysannes des environs

 

En 1935, il exposa à l’Exposition Internationale d’Art Moderne à Bruxelles un

Nu, Natacha ou le regard dans le monde. Il y exposait aussi la tête de Serge

Lifar, dans le même granit. Ces deux oeuvres n’ont plus rien à voir avec le

formisme même si elles ont une touche nettement « moderne », art déco si vous

voulez, mais avec le génie en plus,

 

En 1936, il expose 13 œuvres à la Biennale de Venise.

En 1939, le 3 septembre ; depuis Paris il rejoint la Pologne agressée par les

années allemandes. Sa préoccupation majeure était, semble-t-il de protéger les

oeuvres qu’il avait laissées à Jablon. Il en plonge une partie dans un étang et

regagne Paris par Budapest le 13 septembre.

 

Le 18 mai 1940, il quitte la France, laissant ses statues entre les mains de M.

Barrai, son assistant. Il n’a emporté que les dessins et les photographies de ses

statues plus la tête de Wierka, en granit noir et un petit nu en plâtre dans lequel

il cache des bijoux et des dollars.

 

Après un court séjour au Portugal il s’embarque pour le Brésil, où le président

Vargas le nomme professeur à l’école des Beaux Arts de Rio-de- Janeiro. Il

dirigera même l’école pendant six ans. Et en janvier 1942, il épouse

(c’est la troisième fois !) Izabella Paes Leme, peintre brésilien.

C’est à Rio qu’il taille dans le marbre de petites statues de nues à moitié

extraites de leur utérus de marbre ! Plongées dans le marbre dira-t-il.

 

                    

 

En 1944, on inaugure la statue de Chopin, à Rio, qui est offert par la diaspora

polonaise au Brésil .

 

En 1946, il fait venir à New York les sculptures qu’il avait laissées à Paris et

en 1948, il séjourne à New York essayant d’y faire une exposition de ses œuvres

et de créer une école de taille directe.

 

En 1951, il s’installe à Sao Polo et créé une école libre de sculpture.

En 1955, il expose 15 œuvres au musée d’Art moderne de Sao Polo

1957. essaye d’implanter une chaire de sculpture à Varsovie, à la faculté

d’architecture de l’école polytechnique. En vain.

1958. Retour à Paris où il s’installe provisoirement -il y plante sa tente- chez

les Dominicains de la rue de la Glacière. Rencontre avec Hélène,

1959. il épouse Hélène Peltier et s’installe à Saint-Clar de Rivière.

Puis, il s’attaque à son œuvre ultime et monumental, l’Ascension. Il est allé,

pour cette œuvre, chercher, avec Hélène, un bloc de marbre de trois tonnes au

Portugal.

 

Il meurt à Saint Clar en 1970, le marteau et le ciseau à la main.

Dans ses dernières œuvres, peut-être les plus belles,

Jean-Baptiste (1953)

et le Cardinal Sapieha (1969),

il y a ce qu’il a cherché toute sa vie, ce qu’il y a derrière les choses et les gens, ce qui est caché. Je m’efforçais donc enfermant les yeux de découvrir dans les ténèbres (…) des formes correspondantes aux nostalgies qui remuaient dans la forêt de ma vie intérieure.

 

Et c’est ainsi qu’il a transformé, transfiguré, la statue du cardinal

Sapieha qui est devenue celle de la Prière. Et celle de Jean-Baptiste, qui est la

statue de l’Annonce, l’Annonce des temps nouveaux ! Il rejoint la métaphysique

qu’il n’a jamais abandonnée. C’est ainsi qu’il a réussi sa conversion au delà du formîsme, mais toujours inspiré par le spirituel et qu’il pouvait écrire, à bon droit, à la fin de sa vie:

L’Art, ce produit de la contemplation en Dieu, est pour moi aujourd’hui

uniquement le fil mystique qui me conduit vers Dieu.

 


Je crois que cette spiritualité, qui a accompagné l’artiste toute sa vie, fait

l’originalité et la force de sa sculpture. Il n’a jamais cessé de travailler, malgré le cancer qui le minait, il est mort le ciseau et le marteau à la main, taillant en taille directe un bloc de marbre de trois tonnes. Mais je veux, en terminant, laisser la parole à sa femme, qui a fait une si belle préface de son livre.

 

Lorsqu ‘il termina La Prière (La statue du cardinal Sapieha), nous sortîmes de

l’atelier devant notre maison avec nos chiens, Picou et Bourka qui folâtraient

dans l’herbe. La nuit tombait et les premières étoiles brillaient dans le ciel qui

fonçait. « Tu vois me dit-il, c ‘est merveilleux. Nous sommes sur un grand navire

qui vogue à toute vitesse au milieu des étoiles et des planètes vers la plénitude

de Dieu. Mon Sapieha comprend Tout cela, il est comme Pascal : Joie, pleurs de

joie ‘. Dieu m ‘a donné la force d’achever cette statue, comme je suis heureux ‘.,

Maintenant je peux m ‘en aller.


 

Jacques Arlet

 

 

 

Cliquez vers :

Le Site internet des Amis de la Pologne

 

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