Conférence sur auguste Zamoyski et le Formisme 1/3

Conférence sur Auguste ZAMOYSKI

jeudi 28 mai 2009 par Jacques ARLET

1/3

Partie 2/ 3 ou  3 / 3

 

 

Auguste Zamoyski, Zakopane et Le Formisme

 

Introduction

On ne peut pas parler d’Auguste Zamoyski, sculpteur génial, sans parler du

Formisme, car c’est lui qui a inventé le mot et la manière, proche il est vrai du

Cubisme, j’y reviendrais.

 

Et on ne peut pas parler du Formisme sans parler de Zakopane. Car c’est là

que Zamoyski a formalisé le mot et la manière et que Zakopane est un village

extraordinaire des Tatras, au point que Kinga Joucaviel en a fait le thème de la

récente semaine polonaise de Toulouse.

 

Zakopane, c’est le Chamonix de la Pologne ; la montagne y est moins haute

et peut-être moins belle, mais Zakopane, en même temps qu’une station de

randonnée et de ski est depuis un siècle et demi une station climatique et un haut

lieu de la culture polonaise, un lieu où se sont retrouvés les plus grands artistes

de ce pays.

 

Ce village est situé cent kilomètres au sud de Cracovie, à 1000 mètres

d’altitude, aux pieds de belles montagnes qui culminent à 3000 mètres.

Son développement touristique et culturel, dès le XIX0 siècle, fut favorisé par

sa situation politique d’autonomie relative, dans une zone d’occupation

autrichienne, par la proximité d’une mine de fer et d’une fonderie, et par la

volonté de ses maires successifs et en particulier celle du docteur Chramiec qui

se passionna pour ce coin de montagne

 

A la veille de la guerre de 14-18, ce village et les montagnes alentour étaient

fréquentés par des poètes , des musiciens, des peintres et des philosophes.

Beaucoup y avaient installé une résidence d’été. Je ne citerai que quelques

noms, des hommes de lettres, Sienkievvicz, l’auteur de Quo Vadis, prix Nobel,

Witkiewicz, père et fils, Gombrowicz, des musiciens, Szymanowski, Karlowicz,

Paderewski, des scientifiques, Mme Curie, etc.

 

C’était un foyer de culture, un

laboratoire d’idées, un centre de réflexions politiques et de résistance.

Vous comprenez alors qu’Auguste Zamoyski, se devait de rejoindre lui aussi

ce lieu extraordinaire. Il paraît que c’est sa première femme une danseuse

italienne, Rita Sacchetto, qui l’y entraîna, en 1918 : il avait 25 ans, il y resta sept

ans, pendant lesquels il se lia d’amitié avec une pléiade d’artistes de grand

talent, en particulier Ignace Witkiewicz et où il inventa le Formisme.

Pourquoi me suis-je intéressé à ce sculpteur ? Parce que il a passé les onze

dernières années de sa vie (1959-1970) à Saint-Clar-de-Rivière, à 25 kilomètres

au sud de Toulouse, après avoir épousé Hélène Peltier, qui a créé la chaire de

Russe à la Faculté de Lettres de Toulouse en 1958. Cette femme exceptionnelle

est devenue une grande amie et m’a demandé de présider l’association des amis

d’Auguste Zamoyski.

 

Alors je vais vous en dire plus, sur lui et sa sculpture.

 

En trois temps :

 

Avant Zakopane et le formisme,

Pendant sa découverte du formisme,

Après ou mieux au delà du Formisme.

 

Au delà du Formisme est le titre du livre qu’il a écrit, dans la sérénité de son âge mûr, en 1967, et dans sa ferme atelier de Saint-Clar de Rivière, près de chez nous donc, et auprès

d’Hélène Peltier, qui de son côté venait de traduire le Docteur Jivago de Pasternak.

 

 

 

1. AVANT LE FORMISME.

 

 

Auguste Zamoyski est un des nombreux descendants de Jean Zamoyski

(1542-1605), éminent juriste, grand chancelier (premier ministre) du roi de

Pologne, Sigismund Augustus, le dernier des Jagellon, au XVT »‘1″ siècle.

Zamoyski par son père et par sa mère, Auguste est né en 1893 à Jablon,

belle propriété des Zamoyski dans le sud-est du Pays, près de

Lublin. « Je suis né à cheval en pleine forêt (…) Ma mère m ‘a mis au monde

pendant sa tournée matinale quotidienne (…) dans la maison du garde

forestier »

 

Dans cette famille, on était élevé à la dure, avec des activités physiques et

sportives quotidiennes et des valeurs chrétiennes fortes où l’argent n’était pas un

but mais un moyen d’aider les autres. « Nous étions éduqués non comme des

propriétaires mais comme des métayers de Dieu et nous devions être prêts (…)

à donner ce que nous avions à celui qui était dans la nécessité ».

 

Il ne l’oubliera jamais. Dans ses dernières années de bonheur, en France, il

vécut, ils vécurent, avec Hélène, dans la simplicité presque dans le dépouillement.

 


Dès son adolescence, il a des préoccupations philosophiques fortes et un désir

de création artistique : II est choqué par l « injustice qui règne dans le monde de la nature ainsi que dans celui de l’homme malgré des milliers d’années d’efforts pour l’améliorer

(…) C’est ainsi, écrit-il, que commencèrent mes inquiétudes philosophiques sur

le pourquoi des chose. Il cherchait la formule du bonheur universel ! Et il

commence à étudier la philosophie avec son voisin Guga, fils du philosophe Cieszkowski.

 

En même temps il apprend à travailler le fer avec le forgeron de la propriété,

qui fabriquait tous les instruments utiles pour l’agriculture, et à travailler le bois

avec le menuisier . Ses premières oeuvres de sculpteur seront en fer et en bois.

C’est ainsi qu’il devint très tôt un « artisan philosophe ». c’est ce qu’il veut

être et qu’il sera toute sa vie.

 

A partir de 1912, il quitte Jablon pour faire des études supérieures. Entre 1912

et 1914 il suit des cours de droit et d’économie à Fribourg et de philosophie à

Heidelberg. Ses études de philosophie, et spécialement les œuvres de Kant et de

Heidegger, l’ont marqué, il en a retenu l’essentiel ; et comme on pouvait le voir

dans sa ferme de Saint-Clar, il épinglait sur les murs de petits cartons sur

lesquels étaient inscrits des bouts de phrase, citations et aphorismes qu’il

voulait avoir sous les yeux et se réciter.

 

La guerre de 14 est déclarée : il est mobilisé dans les armées russes et fait

prisonnier par les Allemands. Il réchappe du Choléra. Il est libéré grâce à sa

tante, proche de l’archiduc Joseph d’Autriche. Et il réussit à travailler, dans des

ateliers de sculptures à Berlin, puis à Munich et enfin à Vienne. Ainsi débuta sa

passion de la sculpture.

 

Auguste Zamoyski était grand, distingué, racé, libre, d’une grande

droiture et en même temps un costaud avec des muscles de tailleur de pierre et

un athlète, excellent skieur et capable de faire Paris-Zakopane à vélo en 21

jours. Il a écrit : « Vraiment, à part une sculpture, il n ‘existe pas

pour moi de plus grand plaisir ni de meilleure façon de vivre pleinement que de

faire du sport » Il était d’une grande culture, aussi, et riche d’expériences par ses voyages et

ses rencontres. Il parlait cinq langues.

 

En 1917, il épousa Rita Sacchetto à Vienne, contre la volonté de

ses parents. C’était une danseuse d’origine italienne, très belle qu’il connaissait

depuis quelques années.

 

Du 7 ou 28 août 1926. raid en vélo Paris Zakopane en 21 jours. Ce qui lui permit de

gagner un peu d’argent pour « se refaire »

 

 

Suite 2 / 3

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